L'album - "Point de suture" - Fiche technique (11)

L'album - "Point de suture" - Fiche technique (11)
Si j'avais au moins...

Qui n'a connu douleur immense
N'aura qu'un aperçu du temps...
L'aiguille lente, qu'il neige ou vente...
L'omniprésente souligne ton absence
Partout...

Qui n'a connu l'instable règne ?...
Qui n'a perdu ne sait la peine...
Plus de réserve du tout...
Ni Dieu, ni haine, s'en fout...
Plus de superbe...
J'ai tout d'une peine...
Un enténèbrement...

Si j'avais au moins revu ton visage,
Entrevu au loin le moindre nuage !...
Mais c'est à ceux qui se lèvent
Qu'on somme d'espoir,
Dont on dit qu'ils saignent sans un au revoir de croire...
Et moi, pourquoi j'existe quand l'autre dit "Je meurs !" ?...
Pourquoi plus rien n'agite ton coeur ?...

Tous mes démons les plus hostiles
Brisent les voix les plus fragiles...
De tous mes anges, les plus déoués...
Et moi, l'étrange paumée, fiancé à l'enténèbrement...

Si j'avais au moins revu ton visage,
Entrevu au loin le moindre nuage !...
Mais c'est à ceux qui se lèvent
Qu'on somme d'espoir,
Dont on dit qu'ils saignent sans un au revoir de croire...
Et moi, pourquoi j'existe quand l'autre dit "Je meurs !" ?...
Pourquoi plus rien n'agite ton coeur ?...

Commentaire : cette magnifique ballade (initialement baptisée Si j'avais au moins revu ton visage), qui clôt l'album (ou presque...), est à la fois intimiste, acoustique et très élaborée, avec un magnifique pont musical et un final bouleversant. Sublime monologue intérieur qui évoque la disparition de l'autre, qu'il s'agisse d'un décès ou d'une rupture, elle s'achève à grands renforts de guitares électriques, de synthétiseurs et de batterie.
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# Posté le jeudi 28 août 2008 18:45

Modifié le jeudi 28 août 2008 18:59

L'album - "Point de suture" - Fiche technique (10)

L'album - "Point de suture" - Fiche technique (10)
C'est dans l'air

Vanité, c'est laid !...
Trahison, c'est laid !...
Lâcheté, c'est laid !...
Délation, c'est laid !...

La cruauté, c'est laid !...
La calomnie, c'est laid !...
L'âpreté, c'est laid !...
L'infamie, c'est laid aussi !...

Les cabossés vous dérangent !...
Tous les fêlés sont des anges !...
Les opprimés vous démangent !
Les mal-aimés, qui les venge ?

Les calamités dérangent !...
Les chaotiques sont des anges !...
"Pas comme les autres" démangent !...
Les bons apôtres, je les mange !...

C'est dans l'air !
C'est dans l'air !
C'est dans l'air, c'est nécessaire :
Prendre l'air, respirer,
Parfois piquer la poupée !...

C'est dans l'air !
C'est dans l'air !
C'est dans l'air, c'est millénaire :
s'ennivrer, coïter...
Quid de nos amours passées ?

C'est dans l'air !
C'est dans l'air !
C'est dans l'air, c'est salutaire !...
Sauf qui peut,
Sauve, c'est mieux !...
Sauf qu'ici, loin sont les cieux...

C'est dans l'air !
C'est dans l'air !
C'est dans l'air, c'est nucléaire...
On s'en fout, on est tout :
On finira au fond du trou !...

Et moi, je chante !...
Moi, je m'invente une vie...

La fatuité, c'est laid !...
La tyrannie, c'est laid !...
La félonie, c'est laid !...
Mais la vie, c'est ça aussi !...

Tous les rebuts vous dérangent !...
Pourtant, les fous sont des anges !...
Les incompris vous démangent !...
Que faire des ruses ?...
Que fait le vent ?...

C'est dans l'air !
C'est dans l'air !
C'est dans l'air, c'est nécessaire :
Prendre l'air, respirer,
Parfois piquer la poupée !...

C'est dans l'air !
C'est dans l'air !
C'est dans l'air, c'est millénaire :
s'ennivrer, coïter...
Quid de nos amours passées ?

C'est dans l'air !
C'est dans l'air !
C'est dans l'air, c'est salutaire !...
Sauf qui peut,
Sauve, c'est mieux !...
Sauf qu'ici, loin sont les cieux...

C'est dans l'air !
C'est dans l'air !
C'est dans l'air, c'est nucléaire...
On s'en fout, on est tout :
On finira au fond du trou !...

Et moi, je chante !...
Moi, je m'invente une vie...

Commentaire : cette chanson très électronique et surprenante, que beaucoup de fans pressentent comme le tube de l'album, fait montre de l'art que Mylène Farmer a d'empiler les strates de langage et les systèmes d'énonciation à tel point que l'on ne sait plus bien ce qu'elle pense réellement... Se moquant délicieusement des bien-pensants et de ses détracteurs, elle nous ravit ici avec une chanson fraîche mais profonde.

# Posté le jeudi 28 août 2008 18:38

L'album - "Point de suture" - Fiche technique (9)

L'album - "Point de suture" - Fiche technique (9)
Sextonik

Sous tension, mais pure...
Nulle amertume, un frisson...
Sous pression s'affine l'endorphine,
Compagnon !...

Sous caution, les sages...
Divine image de l'addiction !...
(Stimu-Stimu-Long)
Vibrent les origines !...
Libertines, libérons !...

Que j'aime le...

Sex, sex, sex, sex, sextonik !...
Sex, sex, sex, sex, sextonik !...
Sérial joueur, un jouet sans coeur !...
C'est le...
Sex, sex, sex, sex, sextonik !...
Sex, sex, sex, sex, sextonik !...
Cyber skin, serial lover killer !...

D'ivoire ou de jade,
Au verre aimable, un simulacre...
(Stimule de nacre !...)
Dis-moi comme j'extase...
Sculptée de bois, réjouis-moi !...

Rejoue-le...

Sex, sex, sex, sex, sextonik !...
Sex, sex, sex, sex, sextonik !...
Sérial joueur, un jouet sans coeur !...
C'est le...
Sex, sex, sex, sex, sextonik !...
Sex, sex, sex, sex, sextonik !...
Cyber skin, serial lover killer !...

Commentaire : ce titre est certainement le plus audacieux de l'album quant à ses paroles, puisque son thème (les plaisirs solitaires ou à deux procurés par les jouets sexuels) resterait probablement hermétique à un néophyte. Mylène y joue de sa verve et de son talent naturels, notamment en usant de la langue de Shakespeare, qu'elle affectionne particulièrement, mais aussi de champs lexicaux sur lesquels on ne l'attendait pas (l'informatique et les réseaux Internet, le détournement d'expressions toutes faites, une référence moqueuse au mouvement tecktonik, une métaphore filée du godemichet dans diverses matières).
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# Posté le jeudi 28 août 2008 18:25

L'album - "Point de suture" - Fiche technique (8)

L'album - "Point de suture" - Fiche technique (8)
Réveiller le monde

Fragile abîme, pâle horizon...
Son être se fige : c'est l'abandon !...
Les eaux qui souffrent en nous
Sont dérisions
Devant le souffle démon de la soumission !...

Mettre en danger tous nos secrets,
Ouvrir les portes...
Diminuer l'obscurité,
Si ce n'est vain, pourquoi demain ?

Réveiller le monde,
Rêver d'un autre été...
Être droit, répondre...
Réveiller l'humanité...
Révolus les mondes
Sans une révolution !...
J'appelle au grand nombe le droit d'aimer...

C'est le tumulte : je peine...
Je n'y vois plus que des anges aux pieds qui saignent,
Aux coeurs cousus...

Je suis un nom,
Sommes légion, et de lumière !...
Sur les pavés coule le ré
De rébellion, de nos prières !...

Réveiller le monde,
Rêver d'un autre été...
Être droit, répondre...
Réveiller l'humanité...
Révolus les mondes
Sans une révolution !...
J'appelle au grand nombe le droit d'aimer...

Commentaire : ce titre électronique, qui est peut-être le moins ambitieux de l'album, est également le plus "politique" (même si le terme est une grave impropriété en parlant de l'art de l'ange roux) de sa carrière et n'est pas sans rappeler le "message" (encore un mot assez mal choisi...) véhiculé dans le single Désenchanté.
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# Posté le jeudi 28 août 2008 18:17

L'album - "Point de suture" - Fiche technique (7)

L'album - "Point de suture" - Fiche technique (7)
Point de suture

Les jours de peine
Fredonne un "je ne sais quoi",
La ritournelle
Des indécis, des "quoi"...
Par habitude, j'ai pris ce chemin
D'incertitude où mes va sont des viens...

Jour de sagesse...
La voie unie et droite...
Mais l'Homme doute
Et court de multiples détours...
Vague, mon âme,
Va, prends ton chemin !...
L'attente est sourde,
Mais la vie me retient...

Prends-moi dans tes draps,
Donne-moi la main,
Ne viens plus ce soir,
Dis "Je m'égare !" !...
Dis-moi d'où je viens,
Ne dis rien, je pars...
Rejoue-moi ta mort :
Je m'évapore !...

Des mots sur nos rêves...
Déposer mes doutes...
Et sur les blessures : point de sutures !
Vole, mon amour !
Refais-moi l'amor...
Confusion des pages : je suis naufrage !...

Les nuits sont chaudes...
Mon sang chavire et tangue...
Bateau fantôme qui brûle...
Je suis tempête et vent !...
Ombre et lumière se jouent de l'amour...
Mes vagues reviennent :
Mes flots sont si lourds !...

Prends-moi dans tes draps,
Donne-moi la main,
Ne viens plus ce soir,
Dis "Je m'égare !" !...
Dis-moi d'où je viens,
Ne dis rien, je pars...
Rejoue-moi ta mort :
Je m'évapore !...

Des mots sur nos rêves...
Déposer mes doutes...
Et sur les blessures : point de sutures !
Vole, mon amour !
Refais-moi l'amor...
Confusion des pages : je suis naufrage !...

Commentaire : cette ballade, la première de l'opus, est tout bonnement l'un des titres les plus bouleversants écrits par Mylène Farmer sur une exceptionnelle musique de Laurent Boutonnat. Le refrain, particulièrement travaillé, s'ingénie à détourner des expressions topiques et à multiplier les ordres (ou plutôt les suppliques) dans un mouvement déchirant.
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# Posté le jeudi 28 août 2008 18:13